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Essai d'une recherche de convivialité scolaire entre parents, enseignants et élèves

source: http://www.alrep.org/telechargement/info_educatives_scolaires

Essai d'une recherche de convivialité scolaire entre parents, enseignants et élèves

En partenariat avec la famille, l'école peut jouer un rôle important dans la détection des élèves intellectuellement précoces et dans la réduction de l'échec scolaire associé à la précocité. Un dialogue parents – enseignants convivial et réussi permet à l'élève précoce de mieux vivre sa scolarité, de réussir son intégration, car aucun talent ne doit être gaspillé afin de permettre à un maximum d'élèves la chance et l'occasion de se réaliser.
Nous savons qu'il est dangereux et inefficace de penser, suivant un concept archaïque et inadapté du XIXème siècle, que l'éducation et la scolarité doivent être prises complètement en charge par l'Etat. C'est nier ainsi la capacité éducative des familles, malgré leurs difficultés diverses et variées en intensité. Et c'est ouvrir la porte à une forme de totalitarisme !
Il est évident que ( il est difficile d'en évaluer l'importance ) un certain nombre d'enseignants ne sont plus, ou de moins en moins passionnés par leur métier étant donné les surprises comportementales constatées chez certains élèves et parents, et chez certains collègues et membres de l'administration de l'Education nationale. Ils subissent une situation professionnelle à laquelle ils ne s'attendaient pas et se retranchent un peu trop fréquemment derrière une protection statutaire ou autre relationnelle. Ce que nous écrivons ne sont que des témoignages, des constatations, et non des éléments de polémiques.
Dans ce contexte délicat, compliqué et même pénible, parler de précocité intellectuelle auprès d'enseignants provoque souvent un agacement, un énervement mêlés d'impatience pour arrêter plus ou moins désagréablement la conversation autour de cette précocité. Cette conversation est perçue comme une ingérence parentale, jugée parfois insupportable, dans le fonctionnement du cadre scolaire. Nous savons que la précocité concerne une minorité. Cette minorité provoque des réactions passionnelles trop souvent déplaisantes et entraîne une attitude agressive orale plus ou moins discriminatoire de la part de la majorité environnante dont celles et ceux qui ont métier d'éducation et d'enseignement.
Il est tout à fait naturel que des parents angoissés, inquiets, craignent que leur fille ou leur fils ne soit pas compris(e) ou accepté(e); ils ne vont donc pas être, en général, leur meilleur défenseur. Il est à noter que, entre autres, l'ALREP apporte aide et soutien dans cette démarche. En effet, il y a la plupart du temps confusion entre « précocité intellectuelle », expression clairement définie, et
« intelligence » dont le sens dépend de la subjectivité de chacun. L'enseignant pense que les parents sont prétentieux et fiers de leur fille ou de leur fils intellectuellement précoce supposé(e) avoir la « grosse tête » et le sentiment de supériorité. Mais nous avons au contraire constaté que les parents éprouvent fréquemment de l'inquiètude, de la peur devant cette différence et la perspective d'un sentiment d'échec.
Cette attitude de la majorité environnante nous semble être le résultat d'une information trop restrictive des médias utilisant, pour faire passer leurs idées sur le sujet, tel organisme, telle personne s'autoproclamant « spécialiste en précocité intellectuelle ». Par manque de vérification de
l'utilisation de leur propos, de leurs témoignages, la confiance étant ainsi compromise, ces organismes et personnes, ayant été utilisés comme base de référence réaliste et convaincante, deviennent dangereux et inutiles pour continuer d'améliorer l'acceptation, l'éducation et la scolarisation des précoces. Dans ces conditions, il est préférable et honorable de s'abstenir d'une telle collaboration avec les médias dont certains transmettent tout de même des informations correctes.
La demande de rencontrer les enseignants doit céder la place à la crainte du jugement d'autrui et au sentiment de culpabilité dans le cadre d'une démarche parentale personnelle auprès de l'établissement scolaire. C'est la volonté d'une relation constructive qui doit l'emporter et qui rend légitime cette demande.
S'il n'y a pas de dialogues, de rencontres, l'élève précoce ne se sentira pas reconnu. Son équilibre psychologique et sa scolarité seront compromis. C'est l'apparition possible d'une phobie scolaire avec des retombées somatiques et le risque d'une déscolarisation complète ou vers un autre établissement, situation qui peut être bénéfique et (ou) accentuer une marginalisation avec des comportements divers et variés dans le « bon » comme dans le « mauvais » ! Qui rencontrer ?
Il est bon de préparer, éventuellement par un texte, la raison de la rencontre.
L'établissement scolaire dépend d'une hiérarchie bien établie
: ministère, rectorat, inspection académique, inspection de l'Education nationale, à contacter ou non suivant l'importance de la démarche, importance difficile à évaluer.
A priori, le chef d'établissement est à solliciter pour des raisons sérieuses dont il est difficile aussi d'apprécier l'intensité.
Il est souvent préférable de rencontrer l'enseignant : préparer les arguments ayant provoquer l'entretien ; arriver courtois ; ne pas braquer l'enseignant en attaquant d'entrée son attitude et (ou) son cours; avoir la volonté de partager pour éclaircir la situa- tion. En effet, il est important de ne pas accorder une foi aveugle à la version de l'enfant. Il faut venir aussi chercher l'information auprès de l'enseignant pour se faire une opinion et apprécier la situation.
Si, par hasard, l'enseignant pose un problème assez délicat, il est utile d'éviter l'affrontement devant l'enfant car l'enseignant peut retourner le propos et parler aux parents de leurs problèmes et de leur attitude parentale. A la fin de cette rencontre particulière, expliquer éventuellement à l'enfant que son appréciation peut être justifiée ; mais la difficulté relationnelle n'empèche pas de respecter l'établissement scolaire, d'avoir un comportement correct, et de faire le travail demandé en classe et à la maison. L'entretien se conclut entre les parents et la personne rencontrée, chef d'établissement, enseignant, autre, en mettant en place des actions convenables et en prévoyant une nouvelle rencontre pour un prochain bilan.
La rencontre permet de discuter, de s'expliquer, de communiquer et de pouvoir partager, chacun à son niveau, cette volonté du mieux être pour nos filles et garçons intellectuellement précoces en répondant ainsi à leur attente d'espérance.